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Tennis - Wimbledon

02/07/2010 - 20:14 - Mis à jour le 03/07/2010 - 13:46

Zvonareva comme Van Persie ?


Zvonareva à la Van Persie? - TENNIS - Wimbledon
Eurosport

Serena Williams à Wimbledon, c'est comme le Brésil à la Coupe du monde. Vera Zvonareva, qui ne veut pas s'attarder sur les statistiques et préfère positiver, la défie en finale samedi. De cette Russe de 26 ans, Serena dit : "C'est une battante". Suffisant pour entrer dans la légende ?

WIMBLEDON - FINALES DAMES

Serena Williams (USA, 1) - Vera Zvonareva (RUS, 21)
Face-à-face : 5/1 pour Serena.

Vera Zvonareva est sur son petit nuage. Comme Tomas Berdych chez les hommes, elle va disputer sa première finale d'un tournoi du Grand Chelem sur le central de Wimbledon. De l'histoire, du prestige, quel honneur ! "Je suis très heureuse mais je n'ai pas encore réalisé", déclare la Russe. C'était un de mes rêves. Je me rendrai compte de la portée de l'événement quand le tournoi sera fini..." Il y a aussi une forte probabilité pour qu'elle s'en rende compte un petit peu plus tôt. Face à cette étudiante de l'Académie diplomatique de Moscou, un monument se dresse : Serena Williams.

Face aux Williams, le bonheur est rarement dans le pré. La révolution non plus d'ailleurs. Depuis que Venus et Serena ont atteint leur première finale à Wimbledon, en 2000, une seule joueuse a réussi à battre une des deux soeurs en finale : Maria Sharapova en 2004, et une seule finale s'est jouée sans aucune des deux, celle remportée par Amélie Mauresmo face à Justine Henin en 2006. Elles ont remporté les huit autres finales (cinq pour Venus, 2000, 2001, 2005, 2007, 2008) trois pour Serena (2002, 2003, 2009). Serena Williams n'a d'ailleurs perdu que deux fois face à des joueuses classées au-delà de la 5e place mondiale : Sharapova, Jill Craybas en 2005 au 3e tour (plus un abandon devant Ruano Pascual en 1998).

Ne pas regarder les stats de Serena

Constat écrasant ? Vera Zvonareva, 26 ans, qui jusqu'ici n'a disputé qu'une demi-finale en Grand Chelem et n'avait jamais dépassé le 4e tour en sept participations à Wimbledon, joue les indifférentes : "Je ne regarde jamais les probabilités et les stats, ça n'a pas d'importance pour moi." "Fair enough", disent les Anglais. "On comprend". Quand on joue le match le plus important de sa carrière, il n'y a pas beaucoup de sens à se plonger dans des chiffres déprimants. Il faut chercher les signes positifs : "C'est un sacré challenge, sourit Vera. Serena est une grande joueuse. C'est la tenante du titre, mais si je joue mon meilleur tennis, je peux battre n'importe qui. J'avais fait un très bon match contre elle à Cincinnati (en... 2006, victoire 6-2, 6-3). J'avais trouvé la bonne tactique."

Depuis deux ans, Vera tente d'échapper aux blessures et de rester focalisée sur son jeu. Autrefois célèbre pour ses crises de larmes, ses crises de nerf, elle a appris à maîtriser ses émotions. "Je peux casser des raquettes mais ça ne veut pas dire que je suis sortie du match. J'essaie toujours, je sais comment retourner un match", explique-t-elle. Et comment réussir la plus grande perf' depuis Conchita Martinez en 1994 (vainqueur face à Martina Navratilova) ? Vera a une idée assez nette de ce qu'il peut se passer face à Serena. Elle acquiesce d'abord : "Quand elle domine, elle est injouable." Tout le monde acquiesce. "Mais elle peut par moment servir moins bien." Ce n'est pas faux. Reste à jouer son meilleur tennis à ce moment-là.

Opérée d'une cheville l'hiver dernier, Zvonareva a eu l'occasion de lier amitié avec Robin Van Persie, l'international néerlandais, à Amsterdam lors d'une rééducation commune. "Je lui souhaite le meilleur pour la Coupe du monde, et je vais sans doute regarder son match demain (ce vendredi )", évoquait la Moscovite jeudi. Si elle a bien regardé le match des Pays-Bas, elle s'est aperçue que les "Oranjes" ont fait chuter leur monument à eux de la Coupe du monde, le Brésil. De quoi se donner du courage...

Eurosport - Julien CARRASCO